Betancourt la possibilité de voyager par voie aérienne avec les journalistes qui accompagnent le chef de l'État[4]. Alors en campagne présidentielle, elle décide de ne pas faire marche arrière pour soutenir le maire de San Vicente del Caguán, membre de son parti politique.
Íngrid Betancourt prend la route de Florencia (capitale du département) qui mène à San Vicente del Caguán, malgré les avertissements du gouvernement lui signalant la présence de guérilleros procédant à des barrages en certains endroits de la route. Alors qu'une dernière barrière militaire empêche le convoi de continuer et que les militaires annoncent la présence des guérilleros quelques kilomètres plus loin, la candidate donne l'ordre à son conducteur de poursuivre sa route après avoir signé un document dans lequel elle se rend responsable de cette décision. Íngrid Betancourt et Clara Rojas passent plusieurs barrages des FARC jusqu'à ce qu'elles soient arrêtées à Paujil (Caquetá)[5].
Cet enlèvement s'ajoute aux autres enlèvements de personnalités politiques colombiennes et est considéré[précision nécessaire] comme un enlèvement politique.
L'affaire du 14 juillet [modifier]
L'opération dite du 14 juillet est une tentative de libération d'Íngrid Betancourt, qui a rapidement échoué. Elle a provoqué une tension dans les relations diplomatiques de la France avec la Colombie et le Brésil, et a sans doute donné davantage de valeur marchande à l'otage, compliquant ainsi sa libération future[réf. nécessaire].
Le 9 juillet 2003, un avion de transport militaire français atterrit sur l'aéroport de Manaus, au Brésil, à la demande de la famille Betancourt, dans le but d'exfiltrer l'otage, dont la libération imminente est attendue sur la foi d'une information incertaine. À bord de l'avion se trouvent une équipe médicale et des diplomates, dont le chef-adjoint du cabinet du ministre des Affaires étrangères français, qui a décidé de l'opération. Le commandant de bord a obtenu l'autorisation d'atterrissage au prétexte de faire le plein de kérosène avant de regagner Cayenne. L'attitude des Français paraît suspecte aux yeux de la police brésilienne (refus d'inspection de l'avion, propos des Français concernant le « ramassage de quatre personnes » surpris par des Brésiliens). Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amori, informé le 12 juillet de cette présence française, contacte son homologue français qui fait allusion à une opération humanitaire. Le 13 juillet, l'avion doit décoller pour Cayenne, sur ordre du président Luiz Inácio Lula da Silva.
L'opération est rendue publique par l'hebdomadaire brésilien Carta Capital. Elle donne alors lieu à la convocation des ambassadeurs français au Brésil et en Colombie. Dominique de Villepin présente des excuses publiques le 31 juillet. La mission provoque une polémique, ayant été décidée par le ministre français des Affaires étrangères seul qui n'a informé ni le ministre de la Défense, ni le Premier ministre, ni le président de la République (lors d'un point de presse, Jacques Chirac a d'abord annoncé qu'il n'était pas au courant), ces points étant ensuite officiellement démentis[6],[7].
17 mai 2007 : révélations d'un otage échappé ? [modifier]
Mélanie, la fille d'Íngrid BetancourtUn otage des FARC, le sous-officier colombien John Frank Pinchao Blanco, parvenu à s'échapper, s'exprime sur ses difficiles conditions de détention et livre des indices dans la recherche d'Íngrid Betancourt. Il indique avoir rencontré l'otage le 28 avril 2007 et affirme qu'elle a essayé à cinq reprises de s'échapper[8].
Pour autant, ces déclarations suscitent un regain d'intérêt pour la libération d'Íngrid Betancourt[réf. nécessaire]. Le président Álvaro Uribe annonce le 4 juin qu'il a libéré sans condition le chef guérillero des FARC, Rodrigo Granda, à la demande expresse de son homologue français Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, Álvaro Uribe a annoncé la libération à venir de plus de 150 rebelles repentis afin d'inciter la guérilla à libérer ses otages. Au lendemain de sa libération, le chef guérillero a critiqué ce processus, qualifiant les rebelles repentis de « déserteurs » et « obscurs personnages qui s'autoproclament commandants de troupes inexistantes ». « La louable intervention du président français en faveur de ma liberté a été dévoyée par M. Uribe et d'autres fonctionnaires du gouvernement qui y ont vu l'opportunité qu'ils recherchaient pour tenter de diviser les FARC », a déclaré Rodrigo Granda[réf. nécessaire] qui a en revanche apporté ses remerciements à Nicolas Sarkozy. Rodrigo Granda est depuis, recherché par interpol à la suite d'une demande d'un juge paraguayen pour sa présumée implication dans l'enlèvement et le meurtre de la fille de l'ancien Président du Paraguay Raul Cubas. [9]
30 novembre 2007 : nouvelles preuves de vie d'Íngrid Betancourt [modifier]
Le 30 novembre 2007 les autorités colombiennes diffusent une vidéo de Betancourt[10].(récupérée avec une lettre de 12 pages d'Íngrid Betancourt à sa famille, suite à l'arrestation à Bogota de trois hommes appartenant aux FARC) qui daterait vraisemblablement du 24 octobre 2007[réf. nécessaire]. Elle y apparaît la tête baissée, extrêmement amaigrie et les cheveux très longs. L'otage n'y prononce pas le moindre mot. Bien que cette image ait rassuré sa famille, celle-ci déplore le gouffre[réf. nécessaire] entre la dernière preuve de vie d'Íngrid Betancourt en août 2003, une vidéo où l'otage parlait, et ce plan presque fixe.
Le 1er décembre 2007, le gouvernement colombien ainsi que les FARC ont laissé entendre qu'ils souhaitaient voir le président français Nicolas Sarkozy jouer un rôle accru dans le processus en cours concernant le sort des otages de la guérilla, dont Ingrid Betancourt. Le 6 décembre, Nicolas Sarkozy adresse deux messages[11](l'un radiodiffusé, l'autre télédiffusé) à destination des FARC et des otages. Le président français en appelle à la fibre humanitaire du chef des FARC, Manuel Marulanda, pour libérer le plus rapidement possible Ingrid Betancourt et exprime son rêve « de voir Ingrid au milieu des siens pour Noël ».
Le lendemain de la parution de la vidéo, des extraits de la lettre qu'Íngrid Betancourt a adressée à sa mère[12]sont rendus publics. La franco-colombienne y raconte la vacuité des jours, les vexations quotidiennes et la fatigue des longues marches imposées par la fuite permanente des guérilleros. Elle explique également que ce qui compte le plus pour elle dorénavant, est d'entendre la voix de ses enfants par l'intermédiaire d'une radio abîmée en sa possession. Elle demande précisément à ce que trois messages hebdomadaires lui soient envoyés par ce biais les lundis, mercredis et vendredis. Radio France internationale, captée dans la jungle colombienne, a répondu à la demande du Comité de soutien à Íngrid Betancourt. Après un premier envoi de message le 7 décembre, l'opération est prévue pour se prolonger jusqu'à la libération de l'otage[13].
Ingrid Betancourt a reçu l'aide de l'Église catholique romaine, qui a joué un rôle actif dans les négociations[14].
Début 2008 : une situation alarmante pour l'otage [modifier]
Février
Le 28 février 2008, un otage des FARC libéré quelques jours auparavant informe la France de l'état de santé alarmant d'Ingrid Bétancourt. Il aurait précisé à Nicolas Sarkozy qu'Ingrid Bétancourt subissait de multiples sévices, vivait dans des conditions inhumaines et était extrêmement affaiblie après avoir contracté une hépatite B. Le président de la République s'est exprimé sur le sujet le jour-même, disant entre autres que la libération de l'otage était une question de vie ou de mort et qu'il était prêt à venir chercher Ingrid Bétancourt à la frontière colombienne si telle était une condition posée par les FARC. Les enfants de l'otage se sont dits "extrêmement angoissés" par la situation de leur mère[15].
Mars
Le 1er mars 2008, à la suite d'une opération menée par l'armée colombienne, Luis Edgar Debia Silva, dit Raul Reyes, considéré comme le numéro 2 des FARC, est tué en territoire équatorien (à 1,8 km de la frontière colombienne), avec plusieurs autres membres importants de la guérilla [16]. Si le gouvernement colombien considère ce résultat comme l'un des coups les plus durs portés aux FARC, et s'en félicite, la famille d'Ingrid Betancourt s'inquiète de ce qu'il puisse avoir des répercussions négatives sur son éventuelle libération.
Concernant les circonstances de la mort du numéro deux des FARC et ses conséquences sur le sort d'Ingrid Betancourt l'ambassadeur de France en Équateur a laissé entendre quelques jours après la mort de Raul Reyes que les États-Unis seraient impliqués, sans apporter plus de précision. Par ailleurs Fabrice Delloye, ex mari d'Ingrid Betancourt, dans une interview au journal France Soir précise que le 26 février, une réunion à Panama a réuni les délégués des pays médiateurs (Espagne, France, Suisse, NDLR) et le haut-commissaire colombien pour la paix Luis Carlos Respreto. Selon lui les délégués ont annoncé qu'ils allaient rencontrer Raul Reyes. L'officiel colombien leur aurait répondu que c'était très bien de vouloir rencontrer Reyes. Or toujours selon Fabrice Delloye, dans la nuit du 1er mars , le président colombien, Alvaro Uribe décide sciemment de faire abattre Reyes en territoire équatorien sans prévenir les présidents des états médiateurs, ni le président Correa alors qu'il commet un acte de guerre dans son pays.
Dans une interview au journal colombien Cambio, la sénatrice Piedad Cordoba confirme et précise que Noël Saez, assesseur du gouvernement français aurait confié à l'un de ses amis qu'il se sentait responsable de la mort de Reyes, car il croyait que c'est suite à son appel que le chef guérillero avait été localisé[réf. nécessaire].
Lors d'un point de presse officiel le 7 mars 2008, le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, confirme que la France est en contact avec le numéro 2 des FARC, Raul Reyes, quelques jours avant sa mort, alors que le 5 mars 2008, Laurent Wauquiez, porte-parole du premier ministre français François Fillon, affirme qu'il n'est « pas récemment » en contact avec Paris à propos d'Ingrid Betancourt.[17]
Des lors les FARC présentent cette action militaire comme un "grave revers"[18] pour la libération d'Ingrid Betancourt et d'autres otages, qui était, selon la guérilla, en cours de négociation avec les présidents français, équatorien et vénézuélien (négociations confirmées à des degrés divers par ces trois pays). Raul Reyes aurait en effet été, selon les FARC, leur porte-parole dans ces difficiles négociations. L'événement entraîne également une crise entre la Colombie et les pays voisins : l'Équateur, qui proteste contre l'incursion de l'armée colombienne sur son territoire, et le Vénézuela, que la Colombie accuse d'appuyer les FARC, en se basant sur des documents retrouvés dans l'ordinateur portable de Raul Reyes.
Dans la nuit du 28 au 29 mars 2008, un Falcon 900, envoyé par l'Élysée, s'est posé "discrètement" sur la piste de Cayenne, en Guyane française (information reprise dans le Journal du Dimanche du 30 mars 2008): il s'agit d'un avion médicalisé, garé sur une base militaire, en attente d'un dénouement dans l'affaire Betancourt, et la libération de l'otage, après qu'un médiateur colombien ait affirmé jeudi 27 mars 2008 qu'Ingrid Betancourt serait atteinte d'une hépatite B, d'une leishmaniose et souffrant de malnutrition. Suite à ces informations plus qu'alarmantes, le Président Colombien Alvaro Uribe, lance un appel aux FARC le même jour, en proposant la libération de tous les guérilleros y compris les prisonniers FARC condamnés pour crime contre l'humanité, en échange de la libération d'Ingrid Betancourt (proposition jugée "illégale" par la Fiscalia de Colombia et l'ONU le 28 mars).
Par la suite, le dimanche 30 mars 2008, cet avion redécollera de la base militaire de Rochambeau, à 15km de Cayenne, en Guyane française, pour rejoindre Paris (décollage a 6h56 heure locale, 11h56 heure de Paris). L'avion repart vide: certaines sources militaires évoquent alors une opération de renfort pour l'opération "Harpie", destinée à lutter contre la clandestinité, lancée un mois plus tôt par Nicolas Sarkozy, président de la République Francaise : une certaine confusion plane alors sur les raisons exactes des fonctions réelles de l'avion (resté 36h à Rochambeau). L'Elysée confirmera dans la journée qu'un autre avion médicalisé reste en alerte permanente à Villacoublay, base militaire située près de Paris, prêt à décoller à tout moment, en cas de dénouement dans l'affaire Betancourt.
Quelques heures plus tard, le Premier Ministre francais, François Fillon, affirmera au Journal Télévisé de 20h de TF1, en France, que le pays reste prêt à accueillir des guérilleros des [[FARC], qu'il qualifiera de "militant", si eux-mêmes libèrent Ingrid Betancourt. Dans une interview sur France Inter, le premier ministre français ira plus loin en proposant le statut de réfugié politique aux guerilleros du FARC.[19] L'association France Terre d'asile réagira promptement en rappelant que le statut de prisonniers politique ne peut être accordé à une personne dont on aura de sérieuses raisons de penser qu'elles ont commis un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l'humanité.[20] La réponse des FARC sur ces évènements et la proposition relayée par Paris et Bogota se fait alors attendre.
Avril
Mardi 1er avril 2008, le journal La Tribune rapporte la publication lundi par l'Agence de presse bolivarienne, basée au Venezuela, d'un communiqué des FARC.
Dans cette lettre datée du 20 mars, Ivan Marquez, un des sept leaders des Forces armées révolutionnaires de Colombie, explique qu'après l'attaque, qui a causé la mort du commandant Raul Reyes, il était clair qu'”il n'y aurait pas de rencontre avec la délégation française en vue d'étudier la libération d'Ingrid”.
Après une réunion avec le comité de soutien à Ingrid Betancourt, Nicolas Sarkozy enregistre un second message à l'adresse des FARC et de Manuel Marulanda, Mardi 1er Avril 2008, pour lui demander de "libérer immédiatement Ingrid Betancourt"; il ajoute : "ce serait un crime de ne pas la relacher".
Le Mercredi 2 avril 2008, le gouvernement français annonce l'envoi d'une mission humanitaire composée de Noel Saez (ancien consul français à Bogotá), Daniel Parfait (diplomate) et un médecin pour "accéder à notre compatriote Ingrid Betancourt".
Les FARC n'ont toujours pas répondu à la proposition de rencontre. Dans un communiqué via leur agence de presse ANNCOL, ils auraient qualifié l'attitude de Nicolas SARKOZY de naïve.
De plus les FARC assurent à travers un communiqué diffusé par l'agence ANNCOL et rapporté dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur du 3 avril que la France est un pays capitaliste, que son président est de droite et qu'ils ne savent pas quelles sont les limites de la sincérité du président français. Comme le rapporte également l'agence proche de la guérilla, ils gardent le souvenir de la fâcheuse expérience de l'appel téléphonique de membres du gouvernement français qui a permis de localiser le camp de Raul Reyes, ce qui a servi à l'armée colombienne, avec le soutien des Etats Unis, à procéder à son éxécution.


